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Les amis du colombier Lureuil

HOSPITALE DE LORIOLO

AF AUDE par Patrick Grosjean Posté le Mercredi 16 Mars 2011 à 13h07

 

           André-Félix AUDE,

                "Inventeur" de la commanderie de Lureuil, et sa descendance.

 

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Le seul ouvrage intégralement consacré à la commanderie de Lureuil est celui d’A.-F. Aude, Lureuil, commanderie de Malte en Berry (1453-1940), publié en 1940 au Blanc (Imprimerie moderne du Berry). Travail soigné, incontournable pour qui veut connaître Lureuil, bien qu’on puisse déplorer que l’auteur n’ait pas fait commencer son histoire de la commanderie avant le XVe siècle... Mais qui est André-Félix Aude ? Un bien curieux personnage, et sa descendance, tout comme son ascendance d’ailleurs, ne le sont pas moins.

Né à Paris en 1867, il est le petit-fils du chevalier d’Aude, qu’on dit secrétaire de Buffon. De fait, Joseph Aude (1755-1841) fut un familier de Buffon et, à défaut d’en avoir été le secrétaire, il lui consacra une biographie intitulée Vie privée du comte de Buffon (1789). Il fut l’auteur de nombreux vaudevilles, fort populaires au début du XIXe siècle, notamment la série des Cadet Roussel. Il passait pour dissipateur, prodigue et buveur. 

André-Félix Aude, quant à lui, fit carrière dans la diplomatie, comme attaché d’ambassade. Il épousa en 1893 une certaine Marie-Thérèse Durand, laquelle se porta adjudicataire du château et des moulins de Bénavent en 18995.(1)Mais d’où venait donc la fortune de cette dame au nom si banal ?

 De son père, Paul Durand-Ruel. Voilà qui est moins banal ! Ce nom vous dit sans doute quelque chose : Paul Durand-Ruel, le premier marchand d’art des impressionnistes, celui qui les a lancés... Eh ! Oui, Marie-Thérèse est l’adorable fillette que l’on voit sur deux des toiles les plus célèbres de Renoir, une fois en compagnie de sa sœur, l’autre fois seule, en train de coudre. Vibration de la lumière d’été filtrée par les branchages et miroitant sur les étoffes... D’où aussi le fait que les Aude aient disposé d’une belle collection de toiles impressionnistes.

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Retiré au château de Bénavent, André-Félix y passera quarante ans. On lui doit toute une série d’ouvrages d’érudition locale, fort bien documentés. Outre celui sur la commanderie, il s’agit de Bénavent-en-Berry et son prieuré (Auguste Picard - 1916), Vie publique et privée d’André de Béthoulat, comte de La Vauguyon, ambassadeur de France (1630-1693) (Paris, éd. Champion - 1921), Monographie de Pouligny-Saint-Pierre (Indre) (913-1800) (Paris, Jouve et Cie éditeurs - 1925), Un ancien châtelain d’Azay-le-Ferron, Michel jeune (1771-1852) (Charles Bosse - 1931), etc. Il est décédé à Bénavent en février 1945

 André-Félix et Marie-Thérèse eurent deux filles. On les voit d’ailleurs avec leur mère sur l’un des plus beaux tableaux de l’artiste américaine Mary Cassatt, peint l’année même de l’achat du château de Bénavent. Madame Aude y pose avec Marie-Madeleine, l’aînée, et Marie-Thérèse qui, à l’arrière-plan, entoure les épaules de sa mère en un geste d’affection. Marie-Thérèse (1895-1974) deviendra madame de Montfort en 1919. Quant à Marie-Madeleine (1894-1977), elle épousera Robert de Brécey en 1914. Ils auront trois enfants, dont Anne de Brécey (1919-2003) qui se mariera avec Jean Bénard (1913-1996), député et sénateur de l’Indre, ainsi que Guy de Brécey (1921-1985). Tous deux héritèrent du château de Bénavent

Guy de Brécey, planteur à Abidjan (Côte-d’Ivoire), épousera Nicole Carret, des pâtes Rivoire et Carret, en 1970. Mais il nous est surtout connu comme chef de la trentaine "Guy de Brécey", le groupe de résistance de Pouligny-Saint-Pierre. Son principal fait d’armes est l’engagement de Pazereux dans la nuit du 30 au 31 août 1944. Les résistants (40 hommes), épaulés par les parachutistes du lieutenant-colonel Obolensky (une vingtaine de soldats commandés par ce prince russe devenu américain), attaquèrent une colonne allemande faisant retraite depuis le Sud-Ouest. Les résistants, en infériorité numérique, se replièrent après deux heures trente de combats. Deux résistants y perdirent la vie. Les victimes côté allemand furent nombreuses : on parle de 80 morts. Ce chiffre est invérifiable dans la mesure où les Allemands récupérèrent morts et blessés, avant de repartir pour subir de nouveaux accrochages. Ils aboutirent à la reddition de la colonne Elster (20 000 prisonniers), le 11 septembre 1944 à Issoudun ( 

Au fait, Pazereux est sur la commune de Lureuil. La boucle est bouclée !


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                            Patrick Grosjean

                    Président des amis du BLanc

                rédacteur de la revue ''au fil du temps''

 

                                                                                                         


 

 Pour plus de détails, on pourra consulter :

- Jean-Luc Anglès, La bataille de Pazereux, 60e anniversaire de la bataille de Pazereux (28, 29, 30 août 1944), brochure éditée avec le soutien du Conseil général de l’Indre, 2004.

- Michel Berrier, "Le groupe Guy de Brécey et l’engagement de Pazereux (Lureuil)", La Seconde Guerre mondiale en Pays blancois, hors série n° 1 d’Au fil du temps, revue des Amis du Blanc et de sa région, novembre 2009, p 232 sq.

 


 

 Merci à Jean Dieudonné, actuel propriétaire du château de Bénavent, pour les généalogies des familles Durand-Ruel et de Brécey. 

Guy de Brécey, planteur à Abidjan (Côte-d’Ivoire), épousera Nicole Carret, des pâtes Rivoire et Carret, en 1970. Mais il nous est surtout connu comme chef de la trentaine "Guy de Brécey", le groupe de résistance de Pouligny-Saint-Pierre. Son principal fait d’armes est l’engagement de Pazereux dans la nuit du 30 au 31 août 1944. Les résistants (40 hommes), épaulés par les parachutistes du lieutenant-colonel Obolensky (une vingtaine de soldats commandés par ce prince russe devenu américain), attaquèrent une colonne allemande faisant retraite depuis le Sud-Ouest. Les résistants, en infériorité numérique, se replièrent après deux heures trente de combats. Deux résistants y perdirent la vie. Les victimes côté allemand furent nombreuses : on parle de 80 morts. Ce chiffre est invérifiable dans la mesure où les Allemands récupérèrent morts et blessés, avant de repartir pour subir de nouveaux accrochages. Ils aboutirent à la reddition de la colonne Elster (20 000 prisonniers), le 11 septembre 1944 à Issoudun ([1]).


 

 1]) Bénavent, hameau en bordure de la Creuse dépendant de la commune de Pouligny-Saint-Pierre, compte deux châteaux. Celui dont il est ici question, dit Parc-à-Aude, se voyait naguère depuis la route, à la sortie du hameau, en direction de Fontgombault. Il est aujourd’hui caché dans les frondaisons. C’est une demeure de style néo-classique, carrée, cubique, avec entresol et un seul étage, d’un type fréquent dans la seconde moitié du XVIIIe (cf. Bouges, dans l’Indre, ou Pleumartin, dans la Vienne) et encore répandu dans la première moitié du XIXe siècle (cf. La Boussée à Azay-le-Ferron, vers 1840). Il a été achevé en 1844 pour son propriétaire Jean-Charles de Poix qui, lui-même architecte, en est vraisemblablement l’auteur

 



 


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