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L'écriture pour m'exprimer

Parce que ma vie est une émotion

A l'improviste Posté le Mercredi 8 Mai 2013 à 18h59

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La route, sinueuse, se glissait à travers le paysage. Quelques maisons, des fermes, des champs, au loin la montagne. Au détour des virages, l'oeil accueillait de nouvelles découvertes et chacune prenait la place de la précédente.

Le voyage s'éternisait. La voiture avançait sans le vouloir, mécaniquement, sous le pouvoir de son conducteur. Un désir puissant de fuite, une envie de nouveauté. L'accélérateur souple, le frein inutile. Cuir des sièges, un confort sur roues. L'homme souriait légèrement. Parfois, il levait le pied, admirait les alentours, prenait le temps de s'arrêter. Mais il ne quittait jamais l'habitacle.

Si la pluie s'invitait sur le trajet, des larmes s'écoulaient, petits torrents de tristesse. Deux joues pâles, presque juvéniles, les recueillaient et les laissaient mourir.

C'était un voyage d'ennui.

Parler du silence. Là-bas, derrière lui, il avait laissé tous ses silences. Il les avaient aimés passionnément, les avaient trompés avec des discours interminables, les avaient quittés et les avaient retrouvés, repris, conquis à chaque fois, ne pouvant vivre sans eux. Maintenant, il les fuyait.

Parler de la peur. Celle qui saisit quand plus rien ne peut la raisonner. Cette peur rencontrée subitement, indicible, inexplicable, compagne omniprésente. Elle avait fait de lui une proie choisie. Aujourd'hui, il brisait ses chaînes.

Tous ces kilomètres n'étaient que fuite, sans idée de retour.

Les distances n'ont de signification que pour celui qui voyage avec un but. Lui roulait. Allure modérée, sans hâte, sans destination.

Pourtant, il arriva. Sans émotion, sans désir, il gara sa fidèle voiture à l'ombre de l'arbre le plus accueillant. Inconscient, il scruta son espace, respira longtemps la fraîcheur du matin et s'affaissa sur lui-même. Etre fragile, au bord de la rupture.

Le voyage était fini.

Le temps s'était figé. Avant, après.

Maintenant. Sur un léger souffle du vent, une mélodie claire pénétra son âme. Ignorant son trouble, il guida une joie neuve jusqu'à son coeur. Redressant sa personne, il respira à nouveau mais un parfum inconnu. Un pas, deux pas, des dizaines de pas, un autre voyage. Improvisé.

Des milliers de jours écoulés. A l'improviste, il était parti et arrivé. Il avait trouvé son bonheur sans le chercher. Une destinée d'homme dont l'inconnu en faisait le mystère. Mystère tacite. Mais à l'improviste, une destinée d'homme heureuse simplement parce que la route avait été sinueuse.

 

2 commentaires. Dernier par musica92 le 09-05-2013 à 08h13 - Permalien - Partager
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