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L'écriture pour m'exprimer

Parce que ma vie est une émotion

Manhattan Publié le Vendredi 29 Décembre 2017 à 16:25:06

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Les arbres de Central Park s’agitaient au gré du vent capricieux, froid et peu engageant pour une promenade malgré le doux soleil de l’hiver. C’était le début de l’après-midi, un après-midi enveloppé dans la torpeur de l’après-déjeuner dans laquelle New-Yorkais et touristes semblaient se perdre. Les aires de jeux étaient désertes ; les allées, chemins champêtres à l’abri du vacarme des rues, foulées par quelques courageux, s’étiraient à vue d’œil jusqu’aux gratte-ciels. La neige, tombée en abondance pendant la nuit, se parait des légères empreintes laissées par les oiseaux en quête de nourriture. Certains pépiaient, perchés sur les houppiers dégarnis, dans une conversation à l’unisson. C’était l’hiver dans le quartier huppé de Manhattan et rien ne semblait devoir perturber son calme et son endormissement.

 

Pourtant, cela devait en être autrement dans la ville qui ne dort jamais. Derrière les façades luxueuses des lofts de la 5e Avenue, dans les entresols des cafés, dans les profondeurs du métro, grouillait des millions d’êtres affairés ou oisifs, précipités dans leurs occupations, quotidiennes ou occasionnelles. La vie était partout. Elle bruissait, assourdissante lorsqu’on s’extirpait de l’endormissement de Central Park. Les rues déversaient un flot continu de piétons emmitouflés, talons claquant sur le bitume, cheveux au vent, chapeaux vissés sur des crânes soucieux ; un incessant manège de taxis jaunes arpentait les artères, se croisant, se reconnaissant et manifestant leur présence dans le crissement des pneus et le claquement des portières. C’était l’hiver à Manhattan et rien ne semblait devoir perturber son agitation et son effervescence.

 

Dans la 110e Rue, au nord de Central Park, à la frontière de Harlem, un évènement d’envergure se préparait. Sarah fixait la devanture d’un prêteur sur gage, bousculée dans son immobilité par des passants peu enclins à la contourner, le visage impassible mais la tête fiévreuse de ce qui avait décidé de sa présence ici. Seule, à la merci des crapules peuplant le coin, elle ne pouvait plus faire demi-tour et regagner son petit appartement gris et triste. Elle ne ressentait ni peur ni aversion. Elle était chez elle, résidente permanente de quelques blocs de béton n’offrant ni joie ni perspective autre qu’un présent répétitif.

 

Justin, le prêteur sur gage au visage constellé de cicatrices, avança son nez pointu entre les lettres peintes sur la vitrine. Instinctivement, Sarah se contracta, affectant d’être là par hasard. Mais aussitôt, la porte du prêteur sur gage s’ouvrit, faisant tinter une cloche aigue, signal d’alarme bien connu de la police qui visitait la boutique régulièrement et toujours sans prendre rendez-vous. En cet après-midi froid et lumineux, nul uniforme à l’horizon, juste le costume miteux de Justin et le trench-coat trop léger pour la saison de Sarah. De l’index, l’homme indiqua à la femme de pénétrer dans son humble boutique et Sarah répondit à l’invitation naturellement. A l’intérieur, il faisait une chaleur suffocante. Sarah et Justin se regardaient, les yeux de l’une voilés par quelques larmes, ceux de l’autre exorbités d’étonnement imprévu.

 

-         - Eh bien… La dernière fois que tu m’as surpris se perd dans mes souvenirs… Je te croyais loin de New York Sarah.

-         - Oh… Tu sais… J’ai bougé, j’ai un peu voyagé comme on dit. Mais rien ne vaut le retour au bercail.

-         - Un retour aux sources. Je t’avoue que je suis content de te revoir. Tu n’as guère changé. Ca fait combien ? 10, 12 ans ?

-         - J’ai arrêté de compter. Les années ne signifient plus grand-chose.

-         - Embrassons-nous Sarah.

 

Sarah enlaça Justin tout en gardant la distance nécessaire pour se libérer de l’étreinte qu’elle redoutait. Justin lui plaqua un baiser sonore sur le front et aussitôt la regarda, gêné et empêtré dans sa soudaine sentimentalité.

 

Sarah défit son trench-coat et arpenta la boutique, curieuse de ce que les présentoirs offraient à l’envie du quidam peu soucieux de s’approprier à moindres frais la montre ou le tableau que la misère d’une mère ou d’un époux avait poussé à laisser en gage.

 

-         - Lorsque je suis partie, dit-elle, tu voulais ouvrir une épicerie.

-         - Oh… Tu vois, je suis dans le commerce… Faut bien s’entraider.

-         - J’aurais préféré que tu aides ta famille.

-         - Sarah, comment peux-tu me faire des reproches ? Souviens-toi. Tu ne voulais rien devoir à personne. Tu es partie, je suis resté.

-         - Oui… Et tu as rempli ton devoir de chef de famille…

 

Sarah soupira, imperceptiblement, et cessa sa visite du magasin. Elle se tourna vers cet homme qu’elle connaissait si peu alors qu’ils avaient 21 ans de vie commune.

 

-         - Toi, tu as changé par contre. C’est quoi ces cicatrices ? demanda Sarah.

-         - Ah… Le métier n’est pas facile. Les clients sont nerveux par ici.

-         - Filou tu étais, filou tu resteras…

-         - Sarah, si tu me disais pourquoi tu es là ? Ne me dis pas que je te manquais. Moi aussi, je te connais. Qu’est-ce que tu es venue faire par ici ?

-         - J’aurais pu venir plus tôt. Je me suis réinstallée dans le quartier il y a quelques mois.

-         - Mais tu ne viens que maintenant parce que tu as quelque chose à me demander.

-         - C’est vrai… J’ai hésité, je ne te fais pas confiance. Justin, j’ai vu du pays mais je devais revenir.

-         - T’as besoin de fric… Bien sûr…

 

Pas de réponse. Sarah commençait à s’agacer et à regretter d’être venue. Elle regarda vers la porte vitrée, tentée de prendre la fuite comme autrefois lorsqu’elle avait compris qu’elle ne pouvait compter sur personne dans ce maudit quartier. Park Avenue et son luxe était si proches… Mais Harlem aussi… L’une et l’autre aussi peu abordables et si peu enviables. Petite, elle rêvait d’une vie heureuse, sa main dans celle de son père qui s’usait pour quelques dollars jamais suffisants pour vivre décemment. Central Park était son coin de campagne alors que Harlem puait la misère et le danger. Mais elle n’était chez elle nulle part ; elle quitta tout, son foyer désert, ses amis absents et son frère toujours en quête d’un mauvais coup.

 

-         - Non, j’ai pas besoin de fric, répondit-elle. Enfin si, quand même, un peu…

-         - Mais ?

-         - Justin, j’ai… Je… Je me suis mariée…

 

Justin sembla indifférent à la nouvelle.

 

-         - Bah qu’est-ce que tu fais là alors ?

-         - Il est mort.

-         - Ca arrive à tout le monde. Tu t’en remettras.

-         - Je m’en suis remise. Mais… Comment dire… Je l’ai tué Justin…

-         - Quoi ? ! Toi ? Tu as fait passer de vie à trépas un être humain alors que tu ne supportes pas qu’on touche à un animal ??

-         - C’était pas un être humain !

 

Sarah voulait rester calme. Surtout et avant tout, rester calme. Elle se ressaisit et baissant les yeux, elle avoua à Justin qu’elle avait dû supporter 5 ans d’humiliations, de privations et de coups.

 

-         - On n’avait plus un rond. Alors je lui ai dit que j’avais un frère et que peut-être, tu pourrais nous dépanner mais que je n’étais pas sûre que tu sois toujours à Harlem. On est quand même revenu. Je ne savais pas où te chercher même si je me doutais que tu étais toujours dans les parages. Alors je lui ai dit que tu avais quitté la ville…

-         - Tu parles… Je suis connu comme le loup blanc par ici.

-        - Oui, il semblerait. Parce qu’il t’a trouvé. Et que ça m’a valu un coquard. Il voulait te braquer mais j’ai pu le convaincre qu’on obtiendrait plus de toi si on faisait les choses dans les règles. Plusieurs fois, j’ai voulu venir. Mais le passé… Mon départ… Enfin, tu sais… J’avais mis les voiles et je ne t’ai jamais donné de nouvelles.

-         - OK… Un coup de trop et le voilà refroidi… Et tu espères que je vais te débarrasser du corps ?

-         - Oui…

 

C’était l’hiver partout à New York et en ce début d’après-midi, les uns vaquaient inconsciemment à leurs errements alors que d’autres vivaient un moment extraordinaire. Cette nuit, il neigera sûrement, enveloppant un peu plus Central Park dans le silence. Seule la rue gardera ses étourdissements, blessants ou conciliants. Derrière les façades, les secrets resteront bien gardés.

 

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Le furoncle Publié le Mardi 28 Novembre 2017 à 20:25:08

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Bon… Il faut percer l’abcès… C’est l’avis unanime du médecin et de la clique d’étudiants qui l’accompagne. Le malade s’en remet à son avis éclairé. Le furoncle envahit son visage, déjà bien disgracieux au naturel, mais franchement repoussant maintenant. Sa femme, compatissante, l’abreuve de gestes doux et de petits mots gentils. Chacune de ses phrases est émaillée de « mon biquet », « mon poussin » et autres surnoms plutôt ridicules pour un homme qui a dépassé la soixantaine. Sa fille est là également, le visage grimaçant de dégoût. Elle ressemble à une petite chose lâchée par hasard au chevet d’un homme qu’elle semble ne plus reconnaître, totalement hermétique à ce qui se dit et se fait autour d’elle. A l’extérieur de la chambre, chacun peut entendre les bruits typiques d’un hôpital. Ca les rassure d’entendre un fauteuil roulant roder, cherchant l’ascenseur. Le malade, du fond de son lit, se fait l’effet d’être un dinosaure, perdu dans un monde inconnu, étudié sous toutes les coutures. Il écoute les paroles posées du médecin, tâte son furoncle, se tourne vers sa femme dont il remarque subitement les rides qui lui donnent un air de parchemin qui n’aurait aucun secret à révéler. Les étudiants sont parfaits, béats d’admiration derrière leur mentor même si l’un d’eux tripote des cailloux enfouis dans la poche de sa blouse. « Bon, se dit-il, il faut donc percer ce bidule avant que l’infection se répande. C’est un mauvais moment à passer et voilà tout ». Et immédiatement, il s’entend dire à la cantonade : « La lunette des WC est cassée. Il faudrait la changer ». Allez comprendre ce qui se passe dans le cerveau d’un homme lorsqu’un furoncle s’invite sur son visage…

 


Les mots imposés sont soulignés.

 

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Sans titre Publié le Samedi 25 Novembre 2017 à 11:43:51

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Les mots imposés sont en majuscules.

Texte écrit le 2 avril 2009

Afficher les 2 commentaires. Dernier par Valérie le 25-11-2017 à 13h20 - Permalien - Partager
La maison Publié le Jeudi 2 Novembre 2017 à 16:18:12

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Ils se sont donné rendez-vous à l’angle de la rue, au niveau d’une des plus belles maisons de la ville. Une maison qui inspire à la fois la curiosité de connaître la vie de ses occupants et la crainte d’un passé qui ne l’aurait pas toujours glorifiée. De dimensions imposantes, ce n’est pourtant pas ce qui la différencie des pavillons classiques de banlieue. Elle donne l’impression de sortir de l’imagination d’un architecte fou avec ses fenêtres non alignées, sa porte d’entrée totalement abandonnée sur la gauche extrême, presque à cheval sur le jardin, et son toit pentu par endroit et plat à d’autres. Pourtant, l’ensemble attire et capte le regard, non à cause de son architecture étrange mais par la couleur vert pâle de ses façades que rehausse une multitude de suspensions florales aux fleurs retombantes, vivaces et colorées. Même en hiver, on croit y voir le printemps, éternel comme la bâtisse.

 

Le lieu du rendez-vous, aussi atypique soit-il, n’est en fait qu’une question d’évidence pour qui vient d’arriver dans la ville et ne la connaît pas encore. La maison est le repère qui définit le point zéro à partir duquel diverge chaque lieu de la ville. Les rues qui s’y croisent sont bruyantes de la vie citadine et n’incitent pas à la promenade. Tout un chacun s’y rendant pour se rencontrer le fait généralement en tournant le dos à la maison, se privant d’un spectacle curieux mais restant ainsi aux aguets de la personne attendue.

 

Ce jour-là, celui de leur rendez-vous, il pleut. Une eau fine, aérienne, presque agréable. Il est arrivé le premier, conscient de sa trop grande avance mais incapable de la contenir entre les quatre murs de son logement. Ses yeux mobiles fouillent, à droite, à gauche, tentent de se fixer sur le flot de voitures, reprennent leur scrutation effrénée. Il s’agace légèrement contre la pluie mais il finit par l’oublier dans son impatience à la retrouver. Elle. Il ne la connaît pas mais l’a rêvée si souvent qu’il peut décrire chaque trait de son visage, chaque courbe de son corps, les tissus qui la mettent en valeur, ses envies, ses peurs. Elle est apparue un matin, au réveil, avant que la lumière du jour donne une réalité à la journée commençante. Un petit fantôme scintillant et bruissant de la soie dont sa robe était faite. Il put la toucher presque immédiatement tant elle était accessible, ému par la douceur de sa peau. Le frisson les gagna en même temps, fugace mais inoubliable. Presque aussitôt, elle se dilua dans l’espace de la pièce mais elle avait laissé des traces : un parfum léger comme le mélange de toutes les fleurs de la création et des souvenirs de vie pas encore vécue.

 

Au point de rendez-vous, le frisson le reprend. Mais elle n’est pas là. L’attente se fait longue mais elle fait partie de l’envie et du besoin de la revoir. Il fait un demi-tour sur lui-même et son regard se porte naturellement sur la maison. La porte est entrouverte mais n’invite pas à entrer. Etonnamment, il n’est plus tenté par ce qui se passe dans la rue. Il sait qu’elle n’arrivera pas par là, tout comme la première fois où elle est apparue, vaporeuse et subtile. Un vent léger vient de se lever et fait balancer les mille fleurs de la façade, comme battant les secondes d’une horloge végétale. Il ferme les yeux. Il croit percevoir une présence, toute proche, presque contre lui, mais il ne les rouvre pas. Il respire, s’imprègne de son odeur unique. Et il oublie tout.

 

L’heure du rendez-vous est passée depuis longtemps. De l’autre côté de la rue, elle regarde à travers ses cils clairs. Elle veut traverser, le rejoindre et l’emmener mais son cœur lui intime le contraire. Lui ne bouge pas. Il sait qu’elle est là mais il refuse d’ouvrir les yeux car ça serait la perdre pour toujours.

 

Elle adresse un regard profond et reconnaissant à la maison. Chaque pétale qui l’orne lui fait signe et lui offre son odeur particulière.

 

Il se sent faiblir et doit s’agripper à la grille de la maison qui referme sa porte, doucement, calmement mais sûrement. Ses paupières se libèrent mais les larmes se mêlent à la pluie. Il regrette le rendez-vous manqué. Il en garde une nostalgie doucereuse qui le désarme et le met à nu.

 

Là, devant la maison, il dévoile son intimité à celle qui déjà s’évapore dans les brumes de fin d’après-midi pour rejoindre un espace qu’elle seule a su apprivoiser.

 

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165 Publié le Samedi 7 Octobre 2017 à 15:49:20

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Les images se succèdent dans sa tête. Depuis plusieurs heures, elle revit les derniers jours. Chaque instant est gravé mais elle a peur d’oublier. Elle oscille entre l’envie, la peur et l’espoir. Alors, elle visionne encore et encore le film des dernières semaines.

 

Tout a commencé trois semaines plus tôt par un matin doux de septembre. Rien ne laissait supposer que ses pas la mèneraient vers la plus grande aventure de sa vie. Son unique pensée était pour le café qu’elle avait hâte d’avaler. Elle avait son endroit, un lieu accueillant qui lui avait permis de sympathiser avec le personnel et certains clients.

  

Mais pour déguster le breuvage revigorant, il faut faire le chemin jusqu’à lui. Après un dernier regard dans la glace pour vérifier sa tenue, elle a donc quitté son appartement. Elle ne ressentait pas grand-chose. Ce matin était la répétition de tous les matins précédents et c’est machinalement, par une habitude éculée et ancienne, qu’elle s’est dirigée vers l’abri-bus, qu’elle s’est assise et que l’attente a commencé.

 

Que s’est-il do nc passé à compter de ce moment ? Elle se revoit rêvassant, oublieuse peu à peu du monde environnant. Elle a gardé le vague souvenir d’une présence l’attirant à elle, et puis des lumières. Elle était montée dans l’autobus qu’elle n’avait ni vu ni entendu arriver.

 

A ce moment de ses souvenirs, elle se sent envahie d’une émotion puissante. Les images dans sa tête s’arrêtent de défiler. Le temps lui-même s’arrête. Elle sourit tristement, la peur prend le dessus. Elle est surprise dans son intimité qu’elle croyait inviolable. Pourtant, elle est seule.

 

Ce matin-là aussi, elle était seule. Seule face au conducteur du bus qu’elle n’avait jamais vu auparavant et qui l’avait attirée à lui à son insu. Il était là et elle était là et il n’y eut même pas un instant de suspens. Elle était face à une évidence.

 

Depuis trois semaines, chaque matin lui donne de l’espoir et des envies de sensations jamais éprouvées. Elle ne vit que pour le retrouver, se laisser envahir par la douceur de son sourire et sa joie de la voir. Le trajet est devenu trop court. Elle voudrait se fondre en lui, ne  jamais le quitter.

 

Mais chaque matin, il faut aussi descendre du bus.

 

Alors, le film redémarre. Elle est fatiguée d’attendre de ses nouvelles. Elle s’allonge. La lumière du jour l’agresse. Elle cache son visage sous une casquette qui traîne dans un coin. Oui, elle est fatiguée parce qu’elle l’aime et qu’elle voudrait son baiser qu’elle imagine chaud et envahissant.

 

Demain matin, elle montera dans le bus et elle sait qu’il ne le conduira pas.

 

 

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

 

 

 

Les mots soulignés correspondent à des mots imposés.

 

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Afficher le commentaire. Dernier par mariejo le 10-10-2017 à 23h02 - Permalien - Partager