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L'écriture pour m'exprimer

Parce que ma vie est une émotion

Meurtre cosmique Publié le Dimanche 12 Août 2018 à 12:38:37

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Atelier d'écriture dont les mots imposés sont en majuscules.

Texte écrit le 19 mars 2009.

 

 

 

 

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Sans titre Publié le Dimanche 25 Février 2018 à 14:02:53

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Mes pauvres amis ! Je crois que je travaille un peu trop de la CAFETIERE ! Non, ne vous moquez pas.

 

Ca a commencé la semaine dernière lorsque je suis partie de chez moi en oubliant mon FOUET. Pourtant, voilà un objet dont je ne peux me passer !! Puis le lendemain, voulant utiliser mon service de table pour un dîner en amoureux, j'ai mis le SALADIER au four et la MARMITE au réfrigérateur... Et pendant le repas, mon Dieu ! Voilà que je me suis mise à manger avec la FOURCHETTE d'Adam ! Mon amoureux en a laissé tomber la SAUCIERE, aspergeant la table de la béchamel qu'elle contenait.

 

Non, vraiment je ne suis pas dans mon ASSIETTE. Je me sens même complètement à PLAT, sur le point de boire la TASSE. Mon cul dans la SOUPIERE que je deviens agitée du BOCAL ! Je sais, je n'y vais pas avec le dos de la CUILLERE... Mais il faut bien regarder la réalité en face.

 

Mots imposés : ASSIETTE - FOUET - FOURCHETTE - MARMITE - SALADIER - TASSE

Mots choisis : PLAT - CAFETIERE - SOUPIERE - SAUCIERE - CUILLERE - BOCAL

 

Texte écrit le 26 mars 2009

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Saint Valentin Publié le Mercredi 21 Février 2018 à 18:16:20

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Il la voit, juste son dos souple et le haut d’une épaule dénudée, quelques cheveux caressant son cou délicat. Il la voit, assise dans la pénombre, devinant son sourire. Elle n’est animée en apparence que par un vif intérêt qu’elle porte à son compagnon qui, lui, semble au contraire volubile. Il ne présente aucun intérêt mais il est là, malgré tout et contre toute vraisemblance. Elle et lui sont assis, ici, dans ce restaurant discret, dans une ruelle de la vieille ville, au décor d’un autre temps qui se marie élégamment aux lumières tamisées propices aux échanges amoureux.

 

Il n’est pas ici par hasard mais il n’aurait jamais voulu y être. La ruelle n’a pas de trottoir. Il doit se contenter des pavés inégaux mais qu’importe puisqu’il la voit, le buste penché vers son compagnon et la main posée sur la table, frôlant la main épaisse de l’homme. D’autres couples peuplent l’endroit, les femmes toutes en beauté et les hommes endimanchés. Il se tient dehors mais il ressent l’ambiance romantique du restaurant et il la voit à présent légèrement de profil.

 

Ce matin, il était sorti de la maison, l’air de rien. Il l’avait embrassée avec tendresse et elle l’avait regardé partir, lui soufflant un baiser qui se serait posé sur ces lèvres s’il n’avait pas dû refermer la porte. Elle devait lui en vouloir de n’avoir pas pensé à fêter ce jour unique mais il se réservait pour le soir et il leur promettait, à tous deux, des souvenirs exceptionnels. Il partait heureux. Il est revenu heureux. Et il ne l’a pas vue. Il l’a attendue, près des roses resplendissantes dont il avait composé lui-même le bouquet, sensible à leur odeur enivrante et à leur rouge éclatant. Ce soir, elle lui manquait terriblement et il ressentait une peine de plus en plus immense au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient. Elle lui en voulait et elle avait déserté leur havre de paix qu’ils avaient construit pour préserver leur amour, tel un temple qui ne pouvait tolérer un autre sentiment.

 

Ce soir, il avait dû se résoudre à l’impensable en ne la voyant pas revenir pour l’enlacer. La maison avait perdu de son attrait, alors il l’avait laissée, seule et sombre, pour rejoindre des lieux d’oubli qu’offre la ville. La ville, il ne la connaît pas. Elle ne lui a jamais donné de satisfaction mais elle permet l’anonymat et son chagrin devait rester secret. Alors, il s’est enfoncé dans les vieilles rues au passé ancien et il l’a vue.

 

Elle est assise et il voit son corps s’agiter. Elle rit. Sa main caresse celle de l’homme qui a cessé de parler. Sa main à lui s’enfonce dans la poche et tourne et retourne l’écrin de velours qui abrite désormais son amour mort.

Afficher le commentaire. Dernier par Lauvaux marie le 21-02-2018 à 18h38 - Permalien - Partager
Folle de vous Publié le Vendredi 9 Février 2018 à 19:07:08

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J’ai jeté ta feuille gélatineuse dans l’eau froide ; j’ai fait bouillir ta crème et j’ai fendu et gratté ta vanille. J’ai cassé et fondu ton chocolat. Et j’ai mélangé tout ça, énergiquement. Tu es devenu mixture et je t’ai fait patiner sur la spatule, sans scrupule, l’air bonhomme et l’œil pétillant. Lorsque j’ai eu fini de m’amuser, je t’ai caché, deux heures dans un réfrigérateur glacial, dans le noir, avec des compagnons que tu n’avais sans doute pas imaginés. Pendant ce temps, je réservais un sort aux œufs dont je fouettais les jaunes, laissant de côté leur enveloppe blanche, les obligeant à se fondre au sucre immaculé. Mes gestes précipités le faisaient voler en flocons jusqu’à ce qu’il se décide à plus de docilité. C’est alors que se sont présentés les jaloux, ceux qui pensaient que je ne leur donnerai pas de rôle dans l’histoire. Farine, beurre, levure, sel, tous semblèrent glisser dans une seule et même direction. Et j’ai malaxé, trituré, plongé mes mains dans une substance gourmande, et j’ai sculpté une belle et grosse boule que j’ai immédiatement envoyé se reposer au froid. Pas de jérémiades ! Car dans une heure, elle sera devenue pâte. Elle va me réclamer. La travailler est une tâche apaisante. Son sort sera différent car après le froid, le chaud ; je vais lui offrir la chaleur du four, là où elle ne risque pas de geler. Ceci dit, lorsqu’elle en sortira, elle devra refroidir et elle subira la souffrance de l’emporte-pièce. Je vais la disloquer et peut-être se demandera-t-elle si elle n’aurait pas préféré se faire givrer plutôt que de connaître un tel sort. Mais je ne lui demanderai pas son avis et lorsqu’elle sera prête à se faire garnir, je mettrai fin à la torture de la crème que je sortirai de son réfrigérateur. Elle va skier sur la cuillère, se répandre sur les fonds de tarte avec volupté.

 

Oh… Je vous vois saliver et vous délecter à l’avance. Ne soyez pas pressés de vous régaler. Je vous sers un verre ? Qui veut un glaçon ?

 

Et vous, petites merveilles, je vous regarde, si belles en tenue d’apparat, trônant sur la table couleur neige. Vous avez repéré mon œil éblouissant et gourmand et vous avez repéré notre impatience à tous. Je vous dis merci d’avoir été créées pour notre plaisir…

 

 


Les mots imposés sont soulignés.

 

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Carrousel Publié le Mardi 23 Janvier 2018 à 19:33:15

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C’était un village calme, coincé entre les collines verdoyantes qui refermaient leur écrin serein sur les maisonnettes. On y respirait un parfum d’ennui mais un ennui qui ne confine pas à l’isolement. La route qui traversait le village serpentait gentiment entre les platanes et les jardinières et s’élargissait dès qu’elle quittait les limites de l’endroit. Elle menait vers d’autres lieux que nul n’aurait songé à fréquenter, préférant ignorer l’aventure d’un voyage sans doute inutile. Ici, on se laissait porter par les heures qui n’ont de sens que pour les gens de la ville. Les journées s’écoulaient entre chants d’oiseaux, bruissement de feuillages, conversations anodines filtrant du café qui trônait sur la place, chuchotements comploteurs d’enfants farceurs et l’inévitable musique d’une cloche d’église qui vivait au ralenti. On ne pensait pas aux lendemains, ni même à hier révolu. Dès que tombait la nuit, on refermait la porte du jour écoulé et qui sait ce qui se passait derrière les murs épais des bâtisses qui n’avaient plus d’âge.

 

Ce village devait avoir un nom mais je l’ai oublié. Je m’y suis perdue, malgré sa petitesse, au cours d’un printemps radieux. J’avais été saisie d’un besoin d’évasion, prisonnière de moi-même. J’avais pris la route au hasard, vagabondant entre champs gorgés de soleil et sous-bois humides et foisonnants. J’aime ces errances qui éloignent de toute contrainte et qui pénètrent votre être d’une douceur légèrement euphorisante.

 

Je suis arrivée dans ce village sans nom, sans repères, sans signification autre que celle d’une destination finale et évidente. Un banc devant l’église m’a offert un repos mérité et je l’ai investi en conquérante, faisant de lui un poste d’observation stratégique. J’y ai vu le café à l’enseigne défraîchie ; j’y ai vu l’épicerie dont je déchiffrais un passé héroïque lorsqu’il faisait office de bureau de poste et de rendez-vous des ménagères ; j’y ai vu la mairie qui restait muette et silencieuse ; j’y ai vu un arrêt d’autobus où plus aucun autobus ne devait s’arrêter depuis très longtemps. J’y ai vu un vide impressionnant et j’y ai entendu un silence surprenant.

 

Jouxtant la mairie se dressait une maison sans prétention mais souriante, aux volets repeints. Les fenêtres de l’étage étaient ouvertes, laissant une liberté presqu’enviable aux voilages éclatants de blancheur.

 

Mais de mon poste d’observation, je ne pus voir aucune vie. Mon esprit s’enfuit vers des impossibles, des fantômes envahisseurs, invisibles et présents. Je sentais le souffle d’une bise bienvenue. Elle me caressait la nuque et me murmurait de fermer les yeux. Mais je résistais. Je voulais être le témoin privilégié de ce vide sidérant qui enveloppait ce village qui avait été placé sur mon chemin sans que je sache ni par qui ni pourquoi. J’imaginais un gentil fantôme me regardant, curieux et interrogateur. Je lui aurais bien parlé mais comment s’adresse-t-on à un fantôme ?

 

Mais voilà que la bise s’est énervée et fit claquer un volet de la jolie maison. Je suis sortie de ma torpeur et lentement, j’ai repris conscience de mon environnement. Il m’a semblé alors que le village naissait, tout en douceur et sans heurts. Je perçus des rires, ces rires innocents qui font se sentir bien, des rires d’enfants. Le banc devint inhospitalier et m’invita à le quitter. Mon regard prit la direction de l’église à laquelle j’avais tourné le dos pendant mon repos. Une ruelle sombre se faufilait à son côté. Je l’empruntais avec envie et curiosité. Et là, j’ai vécu la joie.

 

C’était une joie puérile, un envol de joies, un réceptacle béni, une puissance simple et libératrice. Là, derrière l’église, presque en dehors d’un village que je croyais condamné à une vie silencieuse, j’ai vu des enfants rieurs qui tournaient, tournaient, tournaient, prenant tout le bonheur qui leur était offert. Ils tournaient, les yeux au ciel, les mains battant l’air. La vie s’était réfugiée ici, sur les quelques chevaux de bois d’un carrousel improbable mais pourtant bien réel.

 

Je suis rentrée chez moi, la tête claire, délivrée du poids de mes incertitudes. Chacun de mes voyages me ramène à ce village dont je ne vois plus rien sauf le carrousel, été comme hiver tournant sans fin. J’ai trouvé la clé du bonheur parce que rien ne remplacera le rire d’un enfant.

 

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