Ellis Island Publié le Vendredi 15 Février 2008 à 23:12:06
Puisque je n'ai pu le faire la dernière fois à cause de la neige, je suis reparti aujourd'hui de plus belle à Liberty State Park, au sud de Jersey City. Je vais prendre le ferry qui m'emmène à Ellis Island, une île historique, proche de la statue de la liberté. C'est un lieu emblématique car les immigrants y débarquaient massivement entre 1892 et 1954. En 1924, le centre est devenu un lieu de détention et d'expulsion pour les étrangers indésirables. En débarquant du bateau qui les avait amenés jusque-là, les aspirants à l'immigration subissaient un examen médical et un examen administratif. Le but était de vérifier que le candidat répondait aux critères d'admission à l'immigration vers les Etats-Unis, était apte à travailler et à gagner sa vie et ne constituait pas une menace pour la société. Aujourd'hui près de la moitié de la population américaine y a ses 'racines'. Les temps ont changé, et même si nous ne devons plus passer par ces glauques étapes, le principe des quotas découlent de cette période. Je suis bien content de n'avoir rempli qu'un bout de papier pour mon visa canadien lorque je vois les conditions de détention de l'époque.
Bon aujourd'hui rencontre de foot, où Thomas, fervent supporter de l'OM nous emmène avec Arthur. Un bar de Manhattan est réquisitionné par l'association des supporters marseillais de NY pour chaque rencontre ; aujourd'hui les supporters parisiens sont également au rendez vous. Bien longtemps que je n'ai pas vu un match de Ligue 1, mais je sais maintenant pourquoi... Pas un superbe match. Une ambiance pro marseillais, qui me fait revoir, comment dire... de bons 'beaufs' français dont j'avais oublié l'existence. Les "Paris, Paris, on t'enc***" fusent !
Le score final : 2-1 pour l'Olympique de Marseille.
Voilà je viens à l'instant de prendre mon billet pour l'aventure canadienne. 85 € pour un NY - Toronto, ça fait bizarre et le stress monte. Je réalise que je vais bientôt vivre dans une ville sans aucun repère. Comme dans l'auberge espagnole, je vais arriver en terre inconnue où un jour les noms de stations de métro m'appartiendront.
Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective, des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà, plus tard, on aura habité cette ville. On aura marché dans ses rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ses bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l'aura prise dix, vingt, mille fois.
Xavier (Romain Duris) dans L'Auberge espagnole
PS : J'ai également fait mes réservations pour l'auberge de jeunesse en arrivant. 4 nuitées au pied de la CN Tower, me laissant le temps de régler mes formalités administratives, et de trouver un appart. Va falloir sortir un max de sous ... dur dur !
A l'est de Manhattan, il y a une toute petite île où il n'y pas grand chose à visiter, mais il y a surtout une bien étrange installation. Un téléphérique de montagne en plein New York. Celui-ci permet ainsi de passer de la Roosevelt Island à Manhattan. Une vraie curiosité qui nous porte au dessus des eaux de la East River et surtout qui nous fait passé au dessus des voitures de la 1st Avenue.
Ce soir, c'est Rock Band Party chez Sam&Mofo (ceux chez qui j'ai fait la pendaison de crémaillère en arrivant). Ils ont acheté une Playstation 3 avec le jeu Rock Band, qui consiste à recréer l'esprit d'un groupe de rock avec des instruments (une guitare, une batterie, un micro) et ont convié quelques personnes à partager ça. Un jeu très sympa où nous rigolons bien devant notre incapacité à chanter des chansons jamais entendues jusqu'alors. Nous sommes contraints d'arrêter lorsque la TV lache.
Ce matin j'ouvre les yeux sur une rue enneigée, et ça tombe encore. Tout est blanc c'est trop fort !
Je vais retrouver Anna (la cousine de Sophie) sur Manhattan. Rencontre 'familiale' à 6000km. Venue de Barcelone, elle est à New York pour 3mois chez son copain pour être nanny. Nous nous promenons et errons dans les rues de Manhattan. Petit détour par la boutique M&M's sur Times Square ; Anna est bien une Zouari , elle a craqué pour un sachet de bonbons. Je passe également soulevé un Oscar, enfin mon talent est reconnu à sa juste valeur...
Rien à voir avec Hoboken, les rues sont pleines d'eau et les gens chassent la neige. Nous traversons les rues en mettant les pieds dans des flaques glaciales. Assez dur pour les pieds. Petit passage par le Marriott Hotel où des ascenceurs en bulle de verre montent les 45 étages à l'intérieur de celui-ci, une rude épreuve pour tester mon vertige.
Samedi 23 février. La fin du périple new yorkais commence à prendre forme. Nous déménageons Thomas dans son nouvel appartement à East Village. Le père d'Antoine est venu, lui, déménager son fils, heureusement que nous avons pu profiter de son 4x4 pour tout transporter. (J'aurais tout de même fait un déménagement, à défaut d'avoir fait celui du frangin ) Notre grand salon se vide car nous vendons canapé et table basse. Tout devient de moins en moins rempli. Bizarre... Je retrouve Anna et Jordi le soir, nous dinons ensemble et je les emmène au fameux 230, cité précédemment (avec une vue imprenable sur l'Empire State Building et Manhattan). Chose très marrante, Jessie qui nous rejoint a été dans la même prépa que Jordi, et je les fait se retrouver à NY... le monde est petit!
Et voilà, mon dernier soir à NYC, déjà. Dans quelques heures je prends l'avion pour Toronto. J'ai donc convié tout le monde à une dernière avant le début de la vraie aventure. Rendez-vous à Union Square et nous aviserons sur place car les réservations sont impossible à la dernière minute. Nous voulions faire un Max Brenner, restaurant connu pour ses fondues au chocolat, mais nous arrivons à 12 et c'est un peu délicat de venir à autant. Au final, nous nous retrouvons dans un restau typique américain. C'est 'wings hour', 25cents les ailes de poulet. Tout le monde a répondu présent et je profite une dernière fois de tout ceux avec qui j'ai partagé mon mois. Merci à tous !
Le rêve canadien prend forme, je quitte Hoboken à 11h, direction l'aéroport. Une vraie journée marathon des transports : Hoboken -> Path (à pied) Hoboken -> Newark (en Path train) Newark -> Aéroport (en bus) Aéroport -> Terminal (Air Train) NY -> Toronto (en avion) Aéroport -> centre ville (en taxi)
J'arrive à Toronto comme prévu, sous la neige. Je prends un taxi qui m'amène au pied de l'auberge, dans le centre. Je partage une chambre avec un anglais et un suédois, peut être d'autres personnes, mais je ne les ai pas encore vu. L'esprit collo est assez présent. Première journée complètement anglophone, enfin... Je discute pas mal avec le conducteur de taxi et la personne à l'entrée de l'auberge. Les gens sont assez accueillant et c'est assez facile de parler. Mon moment internet et le seul moment français de la journée. J'en profite donc pour faire un tour rapide du quartier tandis que la neige continue de tomber et que le temps est très couvert. Je suis en plein quartier financier, le peu que je vois des rues me fait penser au district financier de NY, mais moins démesuré ; surtout les voitures qui ressemblent davantage à des formats européens... Demain, rendez vous à l'ambassade pour ma déclaration d'immigration. Mais surtout rendez vous pour un appart sur Queen's Quai, vue sur le lac... ça à l'air plutôt bien.
Je n'ai pu prendre de photos aujourd'hui, mais très vite des ptites photos du coin.
Ce 27 février, je me lève assez tôt car je sais que beaucoup de choses m'attendent. La première nuit en dortoir change vraiment du confort que j'avais jusqu'à maintenant. Je vais donc faire ma déclaration pour avoir mon numéro social et j'en profite pour visiter l'appartement que j'avais trouvé sur la côte torontaise. Et mes premiers jours de grand froid : -14°c Un truc de malade cet appart, j'ai possibilité de racheter les meubles de l'étudiant qui part. Un appart' en colloc au 8ème étage dans une résidence super clean, avec salle de sport, laundry service, spa ... Il y a également un roof top avec barbecues et vue sur la CN Tower. Le feeling est plutôt bien passé avec le gars, croisons les doigts, je dois remplir quelques papiers pour l'agence qui tient le loyer. C'est le seul truc qui me fait peur car je n'ai aucune situation actuellement. On verra. Voici mes premières photos, mais avec ce froid, je n'ai pas eu le courage d'en faire beaucoup. En tout cas ma première impression de Toronto et un mélange de ville américaine avec une touche d'européanisation. Si j'ai cette appart, je crois que je vais vraiment aimer vivre ici. Je marche également dans les rues de Toronto, et je suis perdu, mais je sais que ces rues un jour je les connaitrais par coeur. Il me tarde d'avoir une situation un peu plus posée ici.